C’est la question que tout le monde se pose et que presque personne ne pose à voix haute. Les artistes hésitent à la poser de peur de paraître méfiants, les acheteurs supposent qu’on la leur cache. Voici la réponse, avec des chiffres.
Qui paie, d’abord
C’est le point le plus mal compris. La commission d’un agent est payée par le vendeur, jamais par l’acheteur.
Concrètement : le prix affiché sur une fiche d’œuvre est le prix que paie l’acquéreur, transport et emballage en supplément lorsqu’ils sont dus. Sur ce montant, l’agent retient sa commission et reverse le reste à l’artiste. Aucun frais d’intermédiaire ne s’ajoute au prix.
C’est ce que nous appliquons, et c’est écrit noir sur blanc dans nos conditions générales de vente.
Si un intermédiaire vous facture une commission en tant qu’acheteur, en plus du prix affiché, ce n’est pas un agent d’artiste : c’est une place de marché, et le modèle n’est pas le même.
Les taux du marché
Voici les ordres de grandeur pratiqués en France et en Europe, tous vérifiables en lisant les conditions publiques des acteurs concernés.
Une galerie traditionnelle retient le plus souvent entre quarante et cinquante pour cent du prix de vente. En contrepartie elle expose, elle stocke, elle assure, elle édite, elle reçoit, et elle porte le coût d’un lieu.
Une plateforme en ligne se situe entre trente et quarante pour cent selon les acteurs et les volumes. Elle apporte de l’audience, rarement un accompagnement.
Un agent d’artiste se situe généralement entre vingt-cinq et trente-cinq pour cent. Il n’a pas de lieu à financer, il travaille sur un nombre réduit d’artistes, et il négocie chaque vente.
Une vente aux enchères prélève des frais des deux côtés : une commission vendeur, et des frais acheteur souvent compris entre vingt et trente pour cent, qui s’ajoutent, eux, au prix d’adjudication.
Nous négocions notre commission contractuellement avec chaque artiste, et elle figure dans le mandat que nous signons avec lui. Nous ne publions pas un taux unique, parce qu’il dépend de ce que nous prenons en charge pour chacun.

Ce que la commission paie réellement
C’est la vraie question. Un pourcentage n’a de sens qu’en regard du travail qu’il finance.
La documentation. Photographier une œuvre correctement, la mesurer, la dater, écrire sa notice, l’inscrire au catalogue. Pour un ensemble de trois cents pièces, c’est plusieurs mois de travail, et c’est ce qui permet à une œuvre d’exister ailleurs que dans un atelier.
La visibilité. Un site, des articles documentés, un référencement qui se construit sur des années. Un artiste seul y consacre le temps qu’il ne passe pas à produire.
La qualification des demandes. Un agent filtre. Sur dix messages reçus, un ou deux mènent quelque part. L’artiste ne voit que ceux là.
La transaction. Le paiement sécurisé, la facture, le certificat lorsqu’il existe, l’emballage, le transporteur spécialisé, l’assurance, le suivi. Chacun de ces points est un métier, et une erreur sur l’un d’eux coûte l’œuvre.
La responsabilité. C’est ce que l’on voit le moins et qui compte le plus. En cas de casse pendant le transport, de litige, de rétractation, c’est l’agent qui traite. L’artiste continue de travailler.
Ce qu’un artiste doit vérifier avant de signer
Cinq points, et ils tiennent en une page.
Le taux et son assiette : sur le prix hors transport, ou sur le total encaissé. La différence est réelle.
Le délai de reversement après encaissement. Trente jours est un usage raisonnable, au delà il faut une raison.
L’exclusivité : totale, par territoire, par canal de vente. Un artiste qui vend aussi en direct à l’atelier doit que ce soit écrit.
La durée et la sortie. Un mandat d’un an reconductible, résiliable avec un préavis clair, protège les deux parties. Un engagement sans terme n’en protège aucune.
Le sort des œuvres en cours à la fin du mandat, et celui des photographies et des textes produits pendant.
Nous détaillons le fonctionnement complet dans comment une agence représente un artiste, et les modalités d’entrée dans se faire représenter par une agence.
Et l’acheteur, dans tout ça
Il paie le prix affiché, sans supplément d’intermédiaire. Ce qu’il obtient en échange de ce système, c’est une chaîne qui tient : une œuvre documentée, une facture, un vendeur identifié, un transport assuré et un interlocuteur qui répond après la vente.
C’est aussi ce qui explique pourquoi le prix d’une œuvre n’est pas le prix de la matière et des heures. Nous décomposons cela dans comment est fixé le prix d’une œuvre.
Une dernière transparence
ARTDELION est une micro-entreprise, la TVA n’est pas applicable, et le contrat de vente se conclut directement entre le vendeur et l’acheteur. Nous encaissons pour le compte du vendeur et nous reversons. Ces informations figurent dans nos mentions légales, et nous préférons qu’elles soient lues avant une question plutôt qu’après un doute.