Le transport d’une œuvre est assuré à sa valeur, par des transporteurs spécialisés, et nous nous en occupons. À partir du moment où la caisse est ouverte chez vous, cette assurance s’arrête. C’est votre contrat d’habitation qui prend le relais, et c’est là que les mauvaises surprises arrivent.
Voici comment cela fonctionne, sans jargon.
Ce que votre contrat couvre déjà, et jusqu’où
La quasi totalité des contrats multirisques habitation comportent une garantie pour ce que les assureurs appellent les objets de valeur : bijoux, montres, argenterie, tableaux, sculptures, instruments de musique, collections.
Cette garantie existe, mais elle est plafonnée deux fois. D’abord par un plafond global, souvent compris entre cinq et quinze mille euros pour l’ensemble des objets de valeur du foyer. Ensuite, fréquemment, par un plafond par objet, parfois bien plus bas.
Autrement dit : si vous possédez déjà des bijoux et que vous ajoutez une sculpture de six mille euros, le plafond global peut être atteint sans que personne vous ait prévenu. En cas de sinistre, l’indemnisation est répartie, et chacun reçoit une fraction.

Comment savoir où vous en êtes
Sortez votre contrat et cherchez trois mots dans les conditions particulières : objets de valeur, plafond, et exclusions.
Si vous ne trouvez pas, appelez votre assureur et posez exactement ces trois questions. Quel est mon plafond global pour les objets de valeur. Existe-t-il un plafond par objet. Une sculpture contemporaine entre-t-elle dans cette catégorie chez vous.
La troisième question compte : certains contrats classent les œuvres d’art à part, d’autres les rangent avec le mobilier, ce qui change tout.
La déclaration spécifique
Au delà du plafond, il faut déclarer l’œuvre. C’est une démarche simple, généralement gratuite ou peu coûteuse, et elle prend un quart d’heure.
L’assureur vous demandera trois choses : ce qu’est l’objet, ce qu’il vaut, et comment vous le prouvez. Le nom de l’artiste, le titre, l’année, les dimensions et la matière figurent sur la fiche de l’œuvre. La valeur est celle de votre facture. Et la preuve, c’est justement la facture, accompagnée du certificat d’authenticité lorsque l’artiste en établit un.
Une fois la déclaration faite, la prime augmente légèrement et le plafond est relevé pour cet objet précis.
Valeur déclarée ou valeur agréée
Deux régimes existent, et la différence se voit le jour du sinistre.
En valeur déclarée, vous annoncez un montant. En cas de sinistre, l’assureur peut discuter ce montant et demander une expertise. Vous devez alors prouver la valeur, ce qui est plus difficile après la destruction de l’objet.
En valeur agréée, l’assureur accepte à l’avance une valeur, sur la base d’une facture ou d’une expertise. En cas de sinistre, ce montant est versé sans discussion. Ce régime coûte un peu plus cher, et il est fait pour cela.
Pour une pièce unique, dont il n’existe aucun équivalent sur le marché, la valeur agréée est presque toujours le bon choix. Une sculpture détruite ne se remplace pas par une autre du même artiste : ce n’est pas la même œuvre.

Les exclusions à lire vraiment
Trois exclusions reviennent dans la plupart des contrats et méritent votre attention.
Les dommages lors d’un déplacement. Beaucoup de contrats ne couvrent l’objet qu’à l’adresse assurée. Si vous déménagez, ou si vous prêtez la pièce pour une exposition, la garantie peut cesser. Une extension temporaire existe, il faut la demander.
Les objets placés à l’extérieur. Une sculpture de jardin est souvent exclue, ou couverte à un plafond dérisoire, précisément parce qu’elle est accessible. Si votre pièce est dehors, dites le explicitement.
Le vice propre et l’usure. Une patine qui évolue, un bois qui travaille, une couleur qui passe au soleil ne sont pas des sinistres. C’est la vie normale de la matière, et aucun assureur ne l’indemnise. C’est aussi pourquoi l’endroit où vous installez l’œuvre compte, sujet que nous traitons dans notre guide d’installation.
Le dossier à constituer, une fois pour toutes
Un quart d’heure aujourd’hui vous évite des semaines de discussion plus tard. Réunissez cinq éléments et rangez les ailleurs que dans la pièce où se trouve l’œuvre, idéalement aussi dans un espace de stockage en ligne.
La facture détaillée, qui nomme l’artiste, le titre, les dimensions, la matière et le prix payé. Le certificat d’authenticité, lorsque l’artiste en établit un, sachant que tous n’en établissent pas et qu’aucune loi ne les y oblige. Trois ou quatre photographies de l’œuvre en place, prises sous des angles différents, avec un objet du quotidien à côté pour donner l’échelle. Les dimensions et le poids. Et la fiche de l’œuvre imprimée depuis notre site.
Ce dossier sert trois fois : pour assurer, pour indemniser, et pour revendre.
Combien cela coûte
Les ordres de grandeur varient selon les assureurs, mais la logique est stable. Une déclaration spécifique pour une œuvre de quelques milliers d’euros représente généralement quelques dizaines d’euros par an. Une police dédiée aux collections, souscrite auprès d’un assureur spécialisé, ne devient intéressante qu’à partir d’un ensemble de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Pour une première acquisition, la déclaration spécifique auprès de votre assureur habituel suffit dans l’immense majorité des cas.
Ce que nous faisons de notre côté
Nous assurons chaque œuvre pendant le transport, à hauteur de son prix de vente, et le risque nous incombe jusqu’à ce que vous en preniez physiquement possession. Les modalités figurent dans nos conditions générales de vente.
Nous fournissons systématiquement la facture détaillée, et nous vous transmettons sur demande une fiche technique complète pour votre assureur. Si vous avez besoin d’un document précis, écrivez nous, nous le préparons.