Pierre Le Caër, sculpteur breton : du judo de haut niveau à la sculpture

Il y a des trajectoires qui ne ressemblent à aucune autre. Celle de Pierre Le Caër, sculpteur breton représenté par ARTDELION, commence loin des ateliers : sur les tatamis du judo de haut niveau, entre le Japon et les États-Unis.

Du judo à la sculpture : la révélation de 1995

Né en 1947 à Brest, Pierre Le Caër consacre d’abord sa vie au judo, discipline qu’il pratique et enseigne au plus haut niveau. C’est à Paris, au printemps 1995, que l’expression artistique se révèle à lui. Il ne la quittera plus. De cette première vie, il garde une relation physique à la matière : la précision du geste, le sens de l’équilibre, la patience de la répétition.

Un atelier face à la mer d’Iroise

Depuis, Pierre Le Caër crée dans son atelier de 700 m² à Ploudalmézeau, à la pointe du Finistère, face à la mer d’Iroise. C’est là que naissent ses assemblages uniques en métal, bois et pierre de Bretagne. « De la même manière, la pièce originale surgit sur ma route. Alors je m’en saisis, l’œuvre prend existence », dit-il de sa démarche.

L’art de l’assemblage : métal, bois flotté, pierre glanée

Chaque œuvre naît d’une rencontre : une pierre glanée sur un sentier breton, une pièce de métal récupérée dans un chantier naval de Brest, un morceau de bois flotté blanchi par le sel. Assemblés avec une précision artisanale et une intuition profonde, ces éléments forment des sculptures chargées d’une force primitive et d’une sensibilité rare, des pièces uniques qui parlent de la nature, de l’humain et de la Bretagne.

Frégate, Pierre Le Caër | ARTDELION
Frégate, Pierre Le Caër. Taillée dans la tôle d’un chantier naval brestois, une des pièces maritimes les plus reconnaissables de son travail. Voir l’œuvre

Des œuvres intimistes aux formats monumentaux

Le travail de Pierre Le Caër couvre tous les formats : des pièces intimistes comme Sérénité ou Chien et chat, aux sculptures monumentales de plus de deux mètres comme Haut fourneau, en passant par des œuvres maritimes emblématiques comme Frégate, taillée dans la tôle d’un chantier naval brestois.

Hauts fourneaux, ARTDELION
Haut fourneau, Pierre Le Caër. Plus de deux mètres, à l’autre extrémité de son travail des pièces intimistes posées sur un socle. Voir l’œuvre

Le judoka, dates à l’appui

La première vie n’est pas un décor, elle est documentée. Né à Brest le 7 mars 1947, Pierre Le Caër commence le judo en 1961 au Dojo Brestois, auprès de Claude Urvoy. Champion de France cadets en poids moyens et troisième au championnat d’Europe cadets en 1965, il obtient le bronze aux championnats d’Europe juniors de Lisbonne le 2 avril 1967, en moins de quatre-vingts kilos.

Suivent trois ans au Japon à partir de 1968, puis quatre ans aux États-Unis entre Reno et San Francisco. Il ouvre son premier dojo à Rennes en 1981, y reste huit ans, puis crée le Dojo de la Chapelle à Paris en 1989, dans le dix-huitième arrondissement.

De 1995 à 2017, l’atelier et le dojo se trouvent au fond de la même cour. Il passe de l’un à l’autre en traversant quelques mètres. Le rapport entre les deux pratiques fait l’objet d’un article à part, parce qu’il explique sa manière de faire tenir les choses.

Tatemono, le mot qu’il emploie

Il rapporte du Japon un mot que l’on ne trouve dans aucun texte critique à son sujet : tatemono. De tate, se tenir debout, et mono, l’objet. Un tatemono est un objet qui se tient debout.

Ce mot est la clé de son travail, et il exclut trois choses. Il exclut la représentation, puisqu’un tatemono ne représente pas, il tient. Il exclut le socle comme support, puisque chez lui le socle ne sert pas à tenir mais à figer ce qui tenait déjà. Et il exclut la composition décorative : une pièce qui tient par miracle n’est pas jolie, elle est juste.

Il le formule ainsi : « Pour ma part, j’aime l’équilibre, j’aime que l’œuvre suffise à sa stabilité et si je pose un socle c’est pour la figer définitivement. »

2017, le départ et ce qu’il a produit

Le 13 août 2017, après vingt-huit ans, le Dojo de la Chapelle ferme, et avec lui l’atelier et la salle d’exposition de la même cour. Il a soixante-dix ans, et il repart en Bretagne.

Le travail ne s’arrête pas, il change. Dans le hangar de Ploudalmézeau, la pierre prend une place qu’elle n’avait pas, le bois et la végétation entrent dans les assemblages, la mer devient un sujet. Il résume cette influence en une phrase : « Mon travail subit l’influence de la région : mer et côte. Force, permanence et beauté. »

Une série entière naît ensuite du confinement de 2020. À plus de soixante-dix ans, la production continue tous les jours.

Acquérir une œuvre de Pierre Le Caër

ARTDELION représente Pierre Le Caër et propose une sélection de ses œuvres à l’acquisition, en qualité de mandataire de l’artiste. Chaque sculpture est une pièce unique, vendue à prix fixe, avec le certificat d’authenticité signé de sa main lorsqu’il en établit un. Découvrez les œuvres disponibles dans notre boutique ou explorez sa biographie complète.

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